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L'origine de Devise



La devise composée de figures et de paroles

La devise est une sorte de métaphore qui représente un objet par un autre avec lequel il a de la ressemblance. La devise est composée de figures et de paroles. « La figure seule, dit le père Bouhours, ne fait qu'un symbole ou un hiéroglyphe, et les paroles seules ne font qu'un dicton, ou tout au plus qu'une sentence. » Il faut donc une figure et des paroles pour faire une vraie devise. On a donné à la figure le nom de corps et aux paroles celui d'âme, « parce que, ajoute l'auteur cité, comme le corps et l'âme, joints ensemble, font un composé naturel, certaines figures et certaines paroles, étant unies, font une devise. »


Un mot très ancien

Au reste, le mot devise est fort ancien dans la langue française ; il y a peu d'auteurs, qui aient écrit depuis 800 ans, où on ne le trouve pris en divers sens. Geoffroi de Ville-Hardouin, qui écrivait sous le règne de Philippe Auguste, dans le XIIe siècle, donne le nom de devise au testament ou dernière disposition que font les personnes pour être exécuté après leur mort. Dans un Vieux Ovide manuscrit, traduit sous le règne du roi Jean, devise se prend pour volonté : Lors fera Diex à sa devise (lors fera Dieu à sa volonté).
Les bornes et les limites des champs se nommaient aussi devises. Ce mot apparemment vient du verbe latin dividere, qui signifie diviser, distinguer, et semble exprimer assez bien les deux usages des signes, dont le propre est de représenter et en même temps de distinguer.


Quelques devises historiques

L'usage des devises ou des symboles est d'une ancienneté au-dessus de laquelle on ne trouve presque rien, dans les histoires profanes, qui ne soit fabuleux. La tragédie d'Eschyle, qui a pour titre les sept Preux devant Thèbes, et celle d'Euripide, qui est intitulée les Phéniciens, en sont une preuve évidente. Dans la description que ces deux poètes font des principaux capitaines que Polynice avait engagés dans sa querelle, et qui le suivirent au siège de Thèbes, ils leur donnent, comme à lui, des boucliers chargés de figures symboliques. L'époque a environ 3050 ans. Le premier que nomme Eschyle est Tydée ; il portait dans son bouclier l'image de la nuit : le fond était noir, semé d'étoiles d'or, au milieu paraissait la lune ; le même Tydée, selon Euripide, avait sur son écu la dépouille d'un lion. Capanée est le second ; Eschyle lui donne un Prométhée, la torche à la main, avec ces mots : je réduirai la ville en cendres. Dans Euripide, c'est un géant qui porte sur ses épaules et secoue la masse de la terre ; Polynice porte sur son bouclier la déesse Justice, qui le conduit, et ces mots : je te rétablirai.
La devise de François Ier était une salamandre dans le feu, avec ces mots : nutrio et extinguo (je nourris et je détruis). Celle de Charles IX était une colonne avec ces mots : pielate et justitiâ ( par la piété et la justice). Celle de Henri IV était un Hercule qui dompte les monstres , avec ces paroles : invia virtuti nulla est via (la valeur se fraie partout une voie).


Les devises guerrières

Les orateurs et les poètes de l'antiquité ont presque autant de devises qu'ils ont de métaphores, à prendre la devise dans son essence ; cependant il faut avouer que la devise exacte est une invention des derniers temps, et que sa naissance ne précède guère le temps de Paul Jove, qui en a donné les premières règles.
Comme ce fut dans l'expédition que firent les Français en Italie, sous Charles VIII, que l'on commença à mettre les devises en usage, et que c'est une invention militaire, c'est particulièrement dans les entreprises guerrières qu'on s'en sert. Le père Menestrier dit que c'est avec le cardinal Mazarin, qui aimait les devises, que cet art passa en France, où il fut cultivé depuis.

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