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L'origine de Gladiateur



Une origine asiatique

C'est le nom qu'on donnait à Rome aux esclaves qui combattaient avec des épées nues sur l'arène, pour le plaisir des spectateurs. Ce cruel divertissement, qui remontait aux premiers temps de l'histoire profane, était venu de l'Asie. Dans les siècles héroïques, l'usage était d'immoler des captifs aux mânes des grands hommes morts dans les combats. C'est ainsi que, dans Homère, Achille sacrifie douze jeunes Troyens à Patrocle son ami, et que, dans Virgile, Énée envoie des prisonniers à Évandre, pour les immoler aux funérailles de son fils Pallas.


Du sacrifice humain au combat des gladiateurs

Dans la suite on sacrifia des esclaves aux funérailles des personnes considérables ; mais bientôt il parut plus humain de les faire battre les uns contre les autres. La profession de gladiateur devint alors un art qui eut ses maîtres, ses écoles et ses principes. On apprit à se battre, à succomber avec grâce, à mourir avec fierté ; on s'y exerça, et les jeux de gladiateurs firent partie des fêtes publiques.
C'est surtout chez les Romains que ce goût devint une fureur. Les gladiateurs se servaient de deux courtes épées, s'attaquant et se défendant des deux mains. Le sort des vaincus dépendait du peuple, qui faisait ordinairement grâce aux braves, et donnait le signal de tuer ceux qui s'étaient lâchement comportés. Le signe par lequel le peuple manifestait l'intention de faire grâce était d'abattre le pouce, ou de le serrer sous les autres doigts ; quand il voulait au contraire qu'on achevât le combat, il levait le pouce, et le retournait du côté du vaincu, jusqu'à ce qu'il périt de la main de son adversaire.
C'était un crime à ces malheureux de se plaindre lorsqu'ils étaient blessés, ou de demander la vie quand ils ne pouvaient plus la défendre : on ne la leur accordait que lorsqu'ils semblaient ne pas craindre la mort. On offrait, dit-on, à Jupiter du sang des gladiateurs. On les recevait dans le temple d'Hercule, et ceux qui avaient obtenu leur congé attachaient leurs armes à la porte. Les tyrans de Rome forcèrent plus d'une fois les sénateurs et les chevaliers de paraître dans ces scènes tragiques ; et, du temps de Commode, on vit des dames romaines exercer volontairement ce métier honteux, et tirer vanité de leur courage et de leur infamie.


Un spectacle jamais accepté à Athènes

Il est remarquable, comme l'observe M. Furgault, dans son Recueil historique d'antiquités grecques et romaines, que le goût d'un spectacle si barbare, qui s'était introduit dans quelques villes de la Grèce et de l'Asie, n'ait jamais été admis à Athènes du temps de la république. Quelqu'un ayant un jour proposé, dans une assemblée, d'établir des combats de gladiateurs comme à Corinthe et ailleurs, Renversez donc auparavant, s'écria un Athénien, renversez l'autel que nos pères, il y a plus de mille ans, ont élevé à la Miséricorde.

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