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L'origine de Navigation



Les différents types de navigation

La navigation est la science de diriger et de conduire un navire. Elle se divise en deux parties : l'une est la navigation côtière qui se fait le long des rivages de la mer, sans jamais perdre la terre de vue ; l'autre est la navigation hautière, ainsi nommée parce qu'elle se fait en haute mer et, par le secours de l'astronomie nautique.
La navigation intérieure, celle qui s'étend sur les rivières, les fleuves, les canaux creusés par la main des hommes, a sans doute été la première dont se soient occupés les nations commerçantes à peine sorties de la barbarie. Le cours des grands fleuves offrait en effet aux premières peuplades qui s'établirent sur leurs bords fertiles un moyen si naturel de transporter d'un lieu à un autre les produits de leur sol et de leur industrie naissante, que sans doute elles ne tardèrent point à profiter de cette position pour multiplier leurs échanges ; et l'art de ces premiers navigateurs dut se perfectionner naturellement par les soins qu'ils eurent à prendre de leur conservation sur un élément qui leur présentait mille dangers.


La navigation dans l'antiquité

Les monuments les plus anciens de l'histoire nous ont transmis, par les hiéroglyphes qui décorent les temples égyptiens, la forme des bateaux qui naviguaient sur le Nil. On les voit pourvus d'un gouvernail et de leurs agrès les plus nécessaires, montés de rameurs ou cinglant à pleines voiles. C'est l'Egypte qui conçut la première le projet de creuser un canal artificiel, à dessein d'établir à travers l'isthme de Suez une communication entre la mer Rouge et la Méditerranée. Les vestiges qu'on en retrouve et les témoignages de tous les auteurs anciens ne laissent aucun doute sur un commencement d'exécution.
Il paraît également que ce furent les Égyptiens qui apprirent la navigation aux anciens Grecs, dont les voyages ne s'étendaient pas plus loin que la Méditerranée. Les Phocéens, selon Hérodote, furent les premiers qui entreprirent des voyages de long cours. Les Lacédémoniens ne s'avisèrent que fort tard d'avoir une marine ; mais bientôt après ils disputèrent l'empire de la mer aux Athéniens, qui jusque là avaient donné la loi à tous les autres peuples de la Grèce. Du reste, cet empire, comme le remarque Furgault, ne doit s'entendre que des mers qui baignaient les côtes de la Grèce. En effet les Grecs n'entrèrent que fort tard dans l'Océan. Pour le golfe Arabique, le golfe Persique et toute la mer Rouge, ils n'y naviguèrent point avant la mort d'Alexandre. (Ce fut ce dernier qui, après avoir reconnu par lui-même le cours du Tigre et celui de l'Euphrate, ordonna de détruire les barrages dont les anciens rois de Perse avaient fermé l'embouchure de ces fleuves pour interdire à leurs sujets le commerce maritime. L'idée de faire arriver par cette voie les productions de l'Inde au centre de l'Asie annonce les grandes vues de ce conquérant.)
Depuis cette époque, les Grecs, et surtout les Athéniens et les Corinthiens, firent des voyages sur les côtes d'Espagne, sur celles d'Afrique, dans l'Océan, et dans tous les ports de la Méditerranée, en Egypte, en Phenicie et dans le Pont-Euxin. Leur navigation se soutint avec honneur jusqu'à ce qu'ils fussent tombés sous la domination des Romains.


La navigation romaine

Dès l'an de Rome 245, le peuple Romain, au rapport de Polybe, fit avec les Carthaginois un traité par lequel ils s'engageaient à ne point naviguer au-delà du cap qui couvre Carthage du côté du nord ; ce qui prouve que la navigation lui était déjà connue. L'an de Rome 416, les Romains ruinèrent le port des Antiates, et s'emparèrent de leur flotte, qui était de vingt-deux vaisseaux. Ce ne fut, dit Furgault, que vers l'an de Rome 493, c'est-à-dire un peu avant la première guerre punique, qu'ils commencèrent à s'appliquer sérieusement aux affaires de la mer.
En effet, a joute-t-il, les Romains envoyèrent peu après des flottes nombreuses sur teintes les côtes de la Méditerranée : en Sicile et en Afrique, contre les Carthaginois ; en Macédoine, contre le roi Philippe, et ensuite contre Persée ; en Asie, contre Antiochus ; sur les côtes de la Grèce, contre les Étoliens ; enfin sur celles de l'Asie mineure et de la Cilicie, contre Mitbridate et les pirates.
Néanmoins la navigation des Romains, bornée aux côtes de la Méditerranée, n'a jamais dû s'étendre beaucoup au-delà : et, en effet, que pouvait-elle être avant l'usage de la boussole, lorsqu'on n'osait pas encore se hasarder à perdre la terre de vue ?


La navigation au temps des croisades

Au reste, les premières notions exactes que nous ayons datent de cette époque célèbre dans notre histoire, où les nations de l'Europe entreprirent la conquête de Jérusalem. Les peuples maritimes de l'Italie, chargés de conduire les croisés à la Terre-Sainte, établirent des comptoirs sur les côtes dont leurs armées s'étaient emparées ; et le commerce, ainsi que la navigation, commença à prendre de nouveaux accroissement.
C'est au temps de la dernière croisade de saint Louis que remonte le voyage de Marco Paolo, et qu'ont été jetés les fondements de la géographie moderne. La boussole, dont l'usage date à peu près de la même époque, donna aux navigateurs les moyens de se diriger en tout temps, et leur inspira l'audace de s'éloigner des côtes. Le commerce en prit un nouvel essor, et dès le XIVe siècle, il s'étendait au dehors de la Méditerranée. Les Italiens passèrent bientôt pour les plus habiles navigateurs de l'Europe, et enrichirent les autres peuples de leurs leçons et de leurs exemples.


Le perfectionnement de la navigation

Hipparque conçut le premier l'idée de rapporter chaque point de la surface du globe à celui qui lui correspond dans la sphère céleste : Christophe Colomb, en l'appliquant à la navigation, lia pour jamais ce grand art à l'astronomie ; et c'est en s'élevant à ces hautes considérations de la science, que son génie lui fit découvrir un nouveau monde. Dès lors un mouvement général fut imprimé à la navigation ; les Portugais s'établirent dans l'Inde, et la France et l'Angleterre prirent à leur service des Italiens qui leur ouvrirent la voie des grandes navigations.
Cependant les connaissances étaient encore dans l'enfance chez tous les peuples de l'Europe. L'astronomie ne commença à être cultivée en Allemagne que dans le XVe siècle ; et du temps de Colomb, elle devait être au point où on la trouve dans les livres de Ptolémée. Aussi resta-t-elle pendant plus d'un siècle dans le même état.
Mais Ticho lui imprima une heureuse impulsion, et par ses observations préparé les découvertes des lois de Kepler. Bientôt après, on dut au génie de Newton la découverte de la loi qui régit les mouvements des corps célestes. C'est également lui qui eut l'idée d'adapter des miroirs aux instruments qui devaient servir à mesurer les distances de la lune au soleil et aux étoiles, et assigner par suite la position du méridien du lieu de l'observation. Cette invention fut ensuite mise à exécution par Hadley avec le plus grand succès. L'horlogerie fit pareillement à cette époque de si grands progrès, qu'il fut facile, à l'aide de montres marines, de résoudre directement le problème des longitudes. Enfin Borda, aussi habile marin que bon géomètre, sut mettre à profit une idée ingénieuse de Tobie Mayer en procurant à la navigation le cercle répétiteur à réflexion.


Les premières écoles de navigation

Ces écoles, placées sous la direction du ministre de la marine, ont été établies en l'an IV (1795) ; elles avaient pour but de faciliter aux navigateurs de toutes les classes, qui y sont admis sans rétribution, l'étude des mathématiques, de la navigation et l'usage des instruments nautiques.

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