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L'origine de Machine


Le remplacement du travail manuel par les machines a donné, est-il dit dans la Bibliothèque britannique, à la fabrication une exactitude qu'elle n'aurait jamais acquise sans ce secours. Il a procuré les moyens de répandre les produits manufacturés dans le monde entier, et de faire participer aux avantages de l'industrie, des nations qui n'en auraient jamais éprouvé le bienfait. Le travail des métaux par un principe de mouvement aussi puissant que la chute des eaux ou les machines à feu, n'aurait point été jugé possible autrefois, et les effets de la vapeur, si on les eût annoncés tels que nous les voyons, eussent paru fabuleux.


La machine à filer la soie

La machine à filer la soie par le moyen de la vapeur de l'eau bouillante est due au comte de Saluces. Plus tard on donna à cet appareil pneumato-chimique le nom de Woulff, qui postérieurement avait fait connaître un procédé analogue ; mais la justice réclame en faveur de M. de Saluces la priorité d'invention. Il s'est borné une seule fois à revendiquer ses droits à cet égard, en termes extrêmement réservés, observant qu'il n'avait pas pensé que ses appareils fussent dignes de faire époque dans l'histoire des progrès de la science, et qu'il lui paraissait que tout physicien expérimenté pourrait facilement en imaginer de semblables.


La machine hydraulique (ou machine à eau)

C'est une machine simple qui sert à conduire ou élever l'eau, telle qu'une écluse, une pompe, etc., ou bien un assemblage de plusieurs machines simples, qui concourent ensemble à produire quelques effets hydrauliques, comme la machine de Marly. La pompe du pont Notre-Dame, à Paris, est aussi une machine hydraulique.


La machine infernale

On désigne ainsi un bâtiment à trois ponts, dont le premier est chargé de poudre, le second de bombes et de carcasses, et le troisième de barils cerclés de fer pleins d'artifices, et qui, ayant en outre le tillac comblé de vieux canons et de mitraille, sert à ruiner des villes et différents ouvrages.
Frédéric Jambelli, ingénieur italien, employa le premier les machines infernales au siège d'Anvers, pour détruire un pont de 2400 pieds qu'Alexandre de Parme avait fait au-dessous de cette place, dans la vue d'empêcher la Zélande de lui fournir des secours. L'effet de cette machine fut terrible ; elle creva avec un bruit effroyable. On vit en l'air une nuée de pierres, de poutres, de chaînes, de boulets ; une partie des bateaux et du pont, les canons et les soldats qui étaient dessus furent enlevés et jetés de tous côtés. Les eaux de l'Escaut furent poussées avec une telle violence, qu'elles passèrent sur toutes les digues ; la terre trembla près de quatre lieues à la ronde. On trouva des meules de moulins et d'autres pierres d'une grosseur extraordinaire, dont la mine avait été couverte, transportées à mille pas de l'Escaut. Le nombre des morts et des blessés fut considérable.
En 1693, les Anglais essayèrent de bombarder plusieurs villes maritimes de France, et notamment Saint-Malo, avec un vaisseau qu'ils nommaient la machine infernale. Mais le succès ne répondit pas à leur attente.
On a donné aussi le nom de machine infernale à une machine dirigée contre Napoléon Bonaparte, alors premier consul, et qui fit explosion dans la rue Snint-Nicaise, le 3 nivôse an IX (24 décembre 1800) : c'était un tonneau rempli d'artifice, et de la grandeur de ceux que les porteurs d'eau traînent sur leurs charrettes à bras. L'explosion fut terrible ; quarante-six maisons furent fortement ébranlées ou endommagées, un mur en pierres de taille fut enfoncé, plusieurs personnes furent tuées ou blessées ; mais le consul, dont la voiture avait déjà outre-passé le fatal tonneau, échappa au danger qui le menaçait.


La machine pneumatique

Le second de ces deux mots vient du grec pneuma (souffle, air). C'est une machine à l'aide de laquelle on vide, ou du moins on raréfie considérablement l'air contenu dans un vase. Elle fut inventée, dans l'année 1653,par Otto de Guericke, consul de Magdebourg, qui le premier la mit en usage. La machine pneumatique a été si généralement connue sous le nom de machine de Boyle, ou vide de Boyle, que bien des gens ont cru qu'on en devait l'invention à ce physicien irlandais, mort à Londres en 1691. Robert Boyle ne l'a pas inventée ; mais il a la gloire de l'avoir beaucoup perfectionnée et de l'avoir appliquée le premier à des expériences curieuses et utiles.
Pompez l'air d'un récipient, il paraît au premier, au second ou au troisième coup de piston, selon la grandeur du récipient, une vapeur qui l'obscurcit. Cette vapeur est l'effet des corps étrangers dont l'air est chargé. Ce fluide, en se raréfiant, n'est plus en état de les soutenir ; ils se réunissent donc et tournent en tombant, parce qu'ils sont heurtés par l'air qui sort rapidement du récipient et entre dans la pompe. Une vieille pomme se déride dans le vide. Une bouteille de verre mince et bien bouchée crève sous le récipient. Une vessie dans laquelle il ne reste que très peu d'air enfermé ne manque pas de s'enfler, quand elle serait surchargée d'un poids de quinze livres. L'air étant le véhicule du son, un réveil placé dans le vide n'est plus entendu, et un peu de poudre donne une flamme bleue, sans explosion.
En 1779, le sieur Fortin, ingénieur mécanicien, présenta à l'académie des sciences une machine pneumatique à deux corps de pompe, d'une construction très ingénieuse. Cette nouvelle invention supérieure à toutes les machines déjà connues du public, mérita l'approbation et les éloges de l'académie.


Les machines merveilleuses

Jean de Kœnigsberg fit une mouche de fer qui volait autour d'une chambre et allait ensuite se percher sur la main de son maître d'où elle était partie. Il fit aussi un aigle qui vola autour de l'empereur Frédéric, de la longueur de cinq cents pas, et retourna ensuite à l'endroit d'où il était parti.
Corneille Drebel avait fabriqué un instrument de musique qui s'ouvrait seul au lever du soleil, et qui jouait de lui-même tant que le soleil était sur l'horizon ; lorsque le soleil ne paraissait point, et qu'on voulait entendre cet instrument, il suffisait d'échauffer la couverture de l'instrument, et il commençait à jouer comme quand le soleil était serein.
Jean Walk, dans ses Discours latins, dit qu'il y eut deux fameux ouvriers allemands qui entrèrent en contestation sur l'excellence de leur art : l'un était orfèvre et l'autre horloger. L'orfèvre fit un petit chariot d'argent où il y avait des hommes et des femmes ; ce qui surprit davantage, il prit une mouche, qu'il attacha avec de la cire par les pattes contre le siège du chariot, et la mouche, voulant voler, faisait aller le chariot, comme s'il eût été tiré par des chevaux. L'horloger fit voir une araignée de cuivre, imitant le naturel. On trouva cette machine joliment faite, mais on allait donner le prix à l'orfèvre lorsque l'horloger prit l'araignée dans sa main, et la remit sur la table où on la vit courir comme si elle était vivante. Il fallait que les ressorts fussent d'une petitesse inconcevable.
Maimbourg fait mention d'un arbre d'or de l'empereur Théophile, chargé de petits oiseaux qui produisaient un ramage semblable à celui des rossignols.
Regiomontanus fabriquait des aigles et des oiseaux qui volaient.
Boèce faisait des machines artificielles. Le roi Théodoric lui écrivit : « Par ton art les métaux mugissent, les oiseaux chantent, les serpents sifflent, et tu sais donner aux animaux une harmonie qu'ils n'ont pas reçue de la nature. »
Le Journal des savants de 1680 parle d'un cheval artificiel, capable de faire, dans une plate campagne, sept ou huit lieues dans un jour, et d'une statue de fer imaginée et exécutée par un prisonnier, laquelle étant sortie de la prison, alla, par plusieurs détours, présenter, à genoux, une requête au roi du Maroc, dans son palais, et retourna dans la prison.
On a vu à Paris une idole toute entière, bien proportionnée, distincte dans toutes ses parties, et placée dans une niche ; le tout avait été fait au Japon avec la moitié d'un grain de riz ; l'autre moitié de ce grain composait le piédestal sur lequel posait la niche avec la divinité.
Paul Colomiez dit, quelque part, avoir vu, à Moulins, un orfèvre qui avait enchaîné une puce en vie à une chaîne d'or de cinquante anneaux, qui ne pesait pas trois grains.
Au rapport de quelques historiens, lorsque Henri III fit son entrée à Cracovie, les Polonais s'empressèrent à faire éclater leur zèle par l'appareil le plus magnifique. On vit même, si l'on en croit un auteur moderne, un prodige de mécanique : partout où le roi passa il fut suivi d'un aigle blanc, fait avec tant d'art qu'il vola toujours sur la tête de Henri, et ne cessa de battre des ailes.

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